L'armistice

Mardi 25 Juin 1940

« A 0h35 sonnait l’Armistice.

 

Durant toutes ces journées, le lieutenant Hauth, commandant la casemate Nord-Et de la Station, reste en liaison étroite avec l’ouvrage de Rohrbach. « Lui non-plus ne se rendra pas ». Liaison par le téléphone ( les Allemands n’ont pas trouvé les « boites de coupure »). Liaison par le feu ( bloc 3 et casemate se protègent mutuellement ). La tactique allemande est un peu différente. L’ouvrage de Rohrbach était attaqué par le Sud, sur ses arrières. C’est du Nord que la casemate reçoit le bloc. Les cloches d’observation servent de cibles à un feu nourri de l’ennemi, cependant que des patrouilles essayent de s’infiltrer. Les nuits du 18 et du 23 seront particulièrement mouvementées.

 

Ainsi, les équipages de la casemate Nord-Est, de l’abri de Rohrbach et de l’ouvrage de Rohrbach, résolus à ne pas se rendre, ont-ils fait preuve d’un excellent moral et d’un grand esprit d’abnégation. Ils n’ont déposé les armes que sur l’ordre formel du gouvernement français.

 

Et le dimanche 30 Juin 1940, à 19h30, ces mêmes équipages abandonneront leur béton.

 

« Tout était perdu, hors l’honneur » »

 

                                                          Lt Huet

 

 

 

Le 25 juin au matin, les officiers allemands se rendent devant les portes du bloc 2 pour demander à l’équipage de sortir. Selon les ordres, les armes doivent être démontées et les soldats du Rohrbach doivent patienter. Le capitaine de Saint-Ferjeux refuse de sortir et attend les ordres du commandement français. Le colonel Marion, envoyé par la commission d’armistice de Wiesbaden, doit normalement apporter les ordres. La route étant totalement impraticable (détruite par les canons du Simserhof quelques jours plus tôt) jusque Rohrbach, c’est finalement par l’intermédiaire du lieutenant-colonel Bonlarron (commandant du Simserhof) que l’ordre de reddition arrive : le 30 juin 1940, à 20h, les hommes sortent de l’ouvrage invaincus.

 

Face à l’attaque allemande sur le bloc, l’équipage de l’ouvrage de Rohrbach a été admirable et a conservé un esprit combatif jusqu’au cessez-le-feu, comme le témoigne le lieutenant Huet.

 

 

 

Source :

Journal de marche du lieutenant Huet (mis à disposition de l’association par M. Patrick Perrin, retranscrit par F. Dannenhoffer) – 

Témoignages des caporaux-chef Cauchy et Bom, recueillies et publiées par Olivier Koch dans le livre Le Petit Ouvrage de Rohrbach (disponible à la vente à la boutique du Fort Casso, à Rohrbach-lès-Bitche).

 

 

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