La patrouille tragique

Samedi 15 Juin 1940

Lieutenant DAMOUR (Photo: DR)
Lieutenant DAMOUR (Photo: DR)

Alors que le 262ème ID s’approche de l’ouvrage, le capitaine De Saint-Ferjeux envoie une patrouille, commandée par le lieutenant Damour, vers l’avant-poste de la ferme de Olferding afin de vérifier que les hommes se sont bien repliés.

 

 

 

« Nuit agitée. Les avant-postes de Guising, bombardés et attaqués.  Mais les tirs violents de nos deux tourelles stoppaient l’ennemi. Début de journée à peu près calme. Seuls quelques obus sur la casemate de Bining et l’ouvrage du Welschhoff.

 

A notre gauche, vers Sarralbe, de nombreux bombardiers ennemis (italiens je crois ) sillonnent le ciel, direction Est-Ouest avec un ballet aller et retour qui nous paraissait trop régulier. Dès 18h, les évènements se précipitent. A 18h30 (nous le saurons plus tard et hélas trop tard ), prise des postes avancés fortifiés d’Olferdingerhoff avec lesquels n’étaient établies aucune liaison téléphonique.

 

A 20h, sur l’ordre du capitaine de Saint Ferjeux, Commandant d’Ouvrage, partait une patrouille, emportant au poste avancé fortifié d’Olferdinghoff l’ordre de repli transmis par le capitaine Gollé, chef d’état-major de l’Intervalle du secteur fortifié de Rohrbach. Commandé par le lieutenant Gabriel Damour, comprenant le caporal-chef Jacques de Joybert, les soldats Gosse, Jung et Weber, ce petit groupe suivait le réseau-rail direction Ouest. Toutes les mesures de sureté étaient prises, et monté sur le bloc 1, l’aspirant Kalis surveillait le mouvement, prêt à intervenir en toute éventualité. 25 min plus tard, crépitement de mitraillettes, nuée de balles traçeuses dans la vallée, tirs de neutralisation de nos armes automatiques sur la ferme et le bois d’Olferdingerhoff, et un peu plus tard, un tir d’artillerie du Simserhoff, réglé par le Lieutenant Hacquard. Et puis le silence. 

 

Bientôt nous revenaient nos 2 patrouilleurs, Weber et Gosse, ce dernier blessé au bras et le masque à gaz traversé par 2 balles. Après l’Armistice, nous connaitrons les faits et gestes de cette vaillante patrouille, par une relation allemande, dont voici la traduction française :

 

« Le Lieutenant Damour est venu comme chef d’une patrouille de reconnaissance de l’ouvrage de Rohrbach vers la ferme d’Olferdingerhoff. Lorsqu’il reconnut que la ferme était occupée par nos troupes, il ouvrit le feu. Nos troupes répliquèrent, la lutte fut de courte durée et se termina comme suit :

 

Le lieutenant Damour, grièvement blessé (balles dans le ventre et dans le bras) fut fait prisonnier et mourut 5 minutes après avoir été pris. Il fut enterré au cimetière militaire de Deux-Ponts. Les honneurs militaires lui furent rendus. Au cours de la même lutte, tombât le soldat français de Joybert, que nous ne trouvâmes que mort. Lui aussi est enterré à Deux-Ponts. Le soldat Jung Chrétien fut fait prisonnier par nous également. »

 

Le lieutenant Jacquot, avec succès, remplissait la même mission auprès de l’avant-poste fortifié de Guising. Et ce même poste avancé, à 22h30, protégé par nos tirs d’arrêt, effectuait son repli, franchissait le réseau-rail, pour partir, lui aussi, à l’aventure.

 

Et le capitaine Jouhannet, commandant la 2ème compagnie d’équipages de casemates, s’installait avec sa section de commandement à l’abri de Rohrbach.»

 

                                                                                                                                                                             Lt Huet

 

 

 

Source :

Journal de marche du lieutenant Huet (mis à disposition de l’association par M. Patrick Perrin, retranscrit par F. Dannenhoffer)

Témoignages des caporaux-chef Cauchy et Bom, recueillies et publiées par Olivier Koch dans le livre Le Petit Ouvrage de Rohrbach (disponible à la vente à la boutique du Fort Casso, à Rohrbach-lès-Bitche).

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